Quand la justice diversifie ses recrutements en magistrats

Publié le par brahimi

 

 Depuis la mise en œuvre de la nouvelle constitution, le ministère de la justice accélère l’application des réformes préparées depuis quelques années.

 

C’est ainsi que le ministre de la justice M. Tayeb Naciri a annoncé au cours de plusieurs interventions télévisées, la dernière en date étant celle du 5 septembre 2011, l’adoption par la chambre des députés de plusieurs  lois relatives à la nouvelle organisation judiciaire du Royaume.

 

Il s’agit en substance de l’application du concept de la justice de proximité, qui consiste dans ce cas, d’une part à multiplier le nombre de tribunaux de première instance et de juges résidents. D’autre part, et chose inédite dans les anales de la justice, des chambres d’appel au sein des tribunaux de première instance ont été prévues.

 

Bien plus ces mêmes juridictions seront divisées en chambres, civile, coercitive et foncière. Mais l’innovation spectaculaire de cette réforme courageuse et audacieuse, réside dans le retour à l’instauration du juge unique, à la place d’une formation collégiale.

 

Nul doute que cette mesure attendue depuis longtemps et tant souhaitée par les justiciables, permettra d’une part d’accélérer le rythme du fonctionnement de la justice et d’autre part de responsabiliser les juges et de leur donner la possibilité d’émerger par la valeur de leur travail et l’expérience acquise à travers la spécialisation.

Il est certain que grâce aux bienfaits de cette profonde  réforme, la justice pourra redorer son blason et acquérir ses titres de noblesse, par la mise en valeur du professionnalisme de plupart des magistrats qui ont souvent souffert de la médiocrité de certains de leurs collègues. Car ces derniers faisaient l’effet de « l’arbre qui cache la forêt » et ne pouvaient être repérés. C’est toute la complication du système collégial au Maroc, autant qu’ailleurs, même dans les pays les plus avancés.

Ceci d’une part, d’autre part le corps des juges du premier degré vient de s’enrichir d’un lot de 67 nouvelles recrues, hommes et femmes, dont 34 anciens fonctionnaires issus particulièrement du ministère des finances et destinés aux tribunaux administratifs. En plus  33 anciens avocats appelés à servir en matière pénale, civile et immobilière. En attendant la sortie d’une promotion de plus de 300 stagiaires en formation à l’Institut supérieur de la magistrature.

 

Par ces apports nouveaux particulièrement diversifiés, autant par leurs origines que par leurs expériences précédentes acquises sur le terrain, le ministère de la justice est entrain de trouver le chemin d’une justice performante, volontariste et citoyenne à même d’apaiser l’inquiétude, souvent justifiée,  des justiciables et des praticiens du droit.

 

Ce qui laisse entendre à bon escient, que la nouvelle constitution est porteur d’espoir, dans son esprit comme dans sa mise en œuvre.

 

Par Me Mohamed BOUFOUS, avocat au Barreau de Rabat

Le 06/09/2011

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